Un nouveau contexte favorable a la semaine de 4 jours

 

Jusqu’à la pandémie début 2020 il était vraiment difficile de mettre en avant la RTT car la plupart des gens, notamment les plus modestes, étaient plutôt demandeurs de travailler plus pour gagner plus.

 

L’imposition en force des lois Aubry en 1997 n’avait pas fait que des contents. La RTT s’est souvent accompagnée d’une demande accrue de productivité, et parfois de désorganisation dans les services.

 

Les seuls arguments à faire valoir étaient le fait que les machines remplacent les gens mais c’est un mécanisme peu perceptible du commun des travailleurs.

 

Depuis 2020, avec le confinement, il y a a eu une prise de conscience de la fragilité de nos vies et de l’inintérêt de nombre de nos boulots (ceux qui se sont arrêtés en 2020 sans manquer à personne)

 

Pour ceux de la première ligne une petite revalorisation sociale a été ressentie, mais non relayée sur le plan économique. Pour eux les condition de travail restent souvent difficiles

 

Une envie de quitter les grandes villes est apparue encouragée par des possibilités nouvelles de télétravail.

 

Nouvelles difficultés et aspirations en 2021

 

De nombreuses branches ne trouvent plus du tout de candidats à l’emploi.

 

On prend conscience que certains métiers sont amenés à réduire beaucoup car incompatibles avec la transition écologiques (exemples moins d’usage de la voiture, transport aérien en berne c’est beaucoup de métiers menacés)

 

Il y a une appétence pour la semaine de 4 jours même si elle doit être de 35 voir 38h. Avec un peu de télétravail ca permet d’aller vivre un peu en campagne.

 

Pour le télétravail ça facilite de pouvoir dire « je ne suis pas joignable 3 jours/ semaine ».

 

La semaine de 4 jours facilite beaucoup l’équilibre vie professionnelles et vies de famille.

 

Elle met un peu d’égalité entre hommes et femmes les premiers pouvant limiter leur temps d’emploi et les secondes augmenter leurs temps partiels subits. Elle facilite une redistribution et un meilleur partage du travail familial

 

Ca paraît aussi bon pour l’écologie avec moins de déplacements induits

 

Même les patrons semblent intéressés car ils sentent qu’il faut lâcher du lest sur les conditions de travail au risque de ne plus avoir de candidats.

 

Et les premières expériences de 35h en 4 jours donnent plutôt satisfaction des 2 cotés (patrons et salariés). Ce serait sans doute encore mieux de 28 ou 32 en 4 jours si on peut préserver le revenu et ne pas trop augmenter le coût horaire du travail.

 

Gros frein qui reste, la question du pouvoir d’achat et du revenu

 

Peut on passer à 28 ou 32h en 4 jours à revenu préservé au moins pour les salaires modestes (seuil à définir) ? Surtout qu’il faut aussi revaloriser les salaires car inflation qui repart

 

Qui doit prendre en charge le financement ?

 

Pour les 35h c’est les entreprises qui ont pris en charge le financement (35h payées 39) mais la contrepartie a été une demande de flexibilité et une pression pour hausse de productivité, souvent conditions de travail dégradées. Et pas autant d’embauches qu’on aurait aimer (350000 environ). Il faut donc essayer une autre voie.

 

Une nouvelle modalité de financement de la RTT avec une prime de solidarité

 

Aujourd’hui ça semble difficile de reproduire une RTT forte uniquement financée par les entreprises.

 

Mais un nouvel outil existe depuis quelques années, la prime d’activité, qui vient compléter les bas salaires.

 

D’où l’idée d’utiliser le levier prime d’activité pour généraliser un 4 jours de 32h ou 28h payées 32 ou 28 sans perte de pouvoir d’achat pour les salariés modestes ni hausse du cout horaire pour les entreprises.

 

Le principe serait donc de conditionner le versement de la prime de solidarité (qui remplace la prime d’activité) au respect de 28 ou 32h max en 4 jours pour chaque salarié (y compris si plusieurs employeurs)

 

On peut fixer le montant de la prime de solidarité en fonction d’objectifs politiques de revalorisation ou non de pouvoir d’achat.

 

La logistique de gestion courante de la PS

 

Elle peut être la même que la prime d’activité ou sinon

 

Chaque fin de mois l’entreprise saisie en ligne pour chaque salarié son temps de travail mensuel et sa rémunération pour le mois écoulé et le système calcule la prime de solidarité qui est versée le 10 du mois pour toux ceux dont le temps de travail est <=80 % et en dessous de 2 smic de rémunération.

 

Il faut voir si on reste dans un mode l’incitatif ou si on passe en réglementaire (nouvelle durée de ETP à 28 ou 32h hebdo)

 

Financement de la prime de solidarité

 

Réaffectations de dépenses publiques existantes (en combinant budget état et protection sociale)

 

Economies sur des dépenses sociales actuelles de l’indemnisation chômage (46Mds€ de dépenses emploi en 2019) et RSA (28,7Mds€ en 2019 pour pauvreté exclusion) si beaucoup d’entre eux retrouvent un emploi

 

Part d’économies sur des dépenses de santé liées aux nombreux dysfonctionnement de l’emploi ou du manque d’emploi

 

Fiscalité complémentaire (et saussi indispensable pour plein d’autres raisons) au choix ou en combinaison avec par exemples :

 

- Une taxe sur actif net des particuliers très progressive en remplacement de la taxe foncière et IFI

 

- Des quotas d’émissions de GES individuels avec une taxation progressive et très forte en cas de dépassement

 

- Une TVA écologique et sociale avec un taux max de 25 % sur les produits non écologiques (tout ce qui est à base de pétrole ou ressources naturelles rares et non renouvelables) ou non sociaux (armes, malbouffe)

 

- une lutte efficace contre fraude fiscale avec des prélèvement à la source et de l’automatisation autant que possible

 

Une simulation avec gros objectif redistributif et égalitaire pour une forte RTT à 28h et une prime de solidarité plafonnée à 500€ versée jusqu’à 2 smic de rémunération

 

La formule de calcul est PS = 500-(niveau de rémunération en smic – 1)*500 et un max de 4 jours pour 28h

 

 

Les salaires nets sont évalués à partir de https://www.salaire-brut-en-net.fr/

 

pour la prime d’activité simulateur CAF

 

Coût de la Prime de Solidarité

 

Une simulation ci-dessous sur la base de la répartition des emplois en 2013 avec les différents niveaux moyens de rémunération et les effectifs donne un cout global mensuel de la Prime de solidarité de 7,6Mds € soit un coût annuel de 91,2Mds€.

 

Ca permet de créer l’équivalent de 5M emplois (sans tenir compte des branches professionnelles à réduire) et ça améliore fortement la vie de 35M de personnes actives, sans compter celles des enfants qui voient plus leurs parents, des grands parents qui voient plus leurs enfants.

 

Ca peut booster le bénévolat (plus de temps disponible), les activités de loisirs utiles (jardinage, bricolage, cuisine) .